Imaginons un instant qu'il est un peu avant quatre heures, et que les braises de ma cigarette viennent de se refléter dans la vitre avant de s'éteindre.

Je me suis mis à ma fenêtre quelques minutes avant, pour fumer, en m'accompagnant d'une chanson de Regina. En me penchant sur ma cour, et en jetant un oeil comme souvent tout autour de moi, du ciel au dessus de la rue brochant au petit segment d'avenue de clichy qui est visible depuis chez moi, j'ai remarqué un silence et une obscurité rare. Je suis rentré pour éteindre mon ampoule et apprécier un peu plus tout ça. La fenêtre atténuait le son de la chanson (pour que je profite mieux du silence dehors), et les bouffées de tabac s'envolaient à droite, sans que du vent les fasse trop valser. J'ai regardé la façade devant moi, toutes les lumières sont éteintes, dans le bâtiment à droite aussi. Je me sens calme, et presque ému. Comme je suis à la recherche de ce genre de moments, j'en profite.
Je me suis dit que c'était ce genre de pauses qui sauvaient tout le reste. Que tous les Delabroy du monde ne pourraient pas m'enlever ça, en eussent-ils envie, quelque faiblesse ou défaut de l'esprit que cela trahisse chez moi, j'avais là de l'inattaquable. Le filet qu'on a tendu au premier étage de la ruelle faisait des ombres sympathiques. Finalement quelques fenêtres se sont allumées, une seule jaune seulement, le reste bleu, comme chez moi avec l'écran d'ordinateur. Je me suis même dit qu'il n'y avait bien sûr rien de naturel là, je faisais face à des immeubles, en fumant une cigarette... La rue de clichy s'est révélée très lumineuse dans la cour une fois que j'ai eu éteint ma propre lampe. Mais tout fonctionnait.
J'ai apprécié encore un peu la chanson, et je me suis dit qu'en ce moment même Regina faisait quelque chose quelque part qui ne devait pas ressembler à ce que j'étais en train d'apprécier. Peut-être une fête bruyante, anesthétique, dans un lieu très réservé. Mais peut-être aussi était-elle en train de jouer et chanter quelque part, ou en train de travailler par reprises successives à une chanson, et ça m'a rendu joyeux ; il faut bien aimer ces spéculations sans fonds.
Comme on me dit souvent qu'on ne comprend rien à ce que je raconte : et j'y travaille, c'est un peu malhonnête mais je reconnais la part que j'ai dans cette obscurité de pacotille, je me suis dit que j'avais là quelque chose à vous dire sans faire semblant de dire autre chose. J'ai arrêté le logiciel musical à la fin de la chanson, je n'ai eu aucun apitoiement comme c'est l'usage dans mes pauses nocturnes en général, et je vous laisse avec ce sourire.
A bientôt !

Je me suis mis à ma fenêtre quelques minutes avant, pour fumer, en m'accompagnant d'une chanson de Regina. En me penchant sur ma cour, et en jetant un oeil comme souvent tout autour de moi, du ciel au dessus de la rue brochant au petit segment d'avenue de clichy qui est visible depuis chez moi, j'ai remarqué un silence et une obscurité rare. Je suis rentré pour éteindre mon ampoule et apprécier un peu plus tout ça. La fenêtre atténuait le son de la chanson (pour que je profite mieux du silence dehors), et les bouffées de tabac s'envolaient à droite, sans que du vent les fasse trop valser. J'ai regardé la façade devant moi, toutes les lumières sont éteintes, dans le bâtiment à droite aussi. Je me sens calme, et presque ému. Comme je suis à la recherche de ce genre de moments, j'en profite.
Je me suis dit que c'était ce genre de pauses qui sauvaient tout le reste. Que tous les Delabroy du monde ne pourraient pas m'enlever ça, en eussent-ils envie, quelque faiblesse ou défaut de l'esprit que cela trahisse chez moi, j'avais là de l'inattaquable. Le filet qu'on a tendu au premier étage de la ruelle faisait des ombres sympathiques. Finalement quelques fenêtres se sont allumées, une seule jaune seulement, le reste bleu, comme chez moi avec l'écran d'ordinateur. Je me suis même dit qu'il n'y avait bien sûr rien de naturel là, je faisais face à des immeubles, en fumant une cigarette... La rue de clichy s'est révélée très lumineuse dans la cour une fois que j'ai eu éteint ma propre lampe. Mais tout fonctionnait.
J'ai apprécié encore un peu la chanson, et je me suis dit qu'en ce moment même Regina faisait quelque chose quelque part qui ne devait pas ressembler à ce que j'étais en train d'apprécier. Peut-être une fête bruyante, anesthétique, dans un lieu très réservé. Mais peut-être aussi était-elle en train de jouer et chanter quelque part, ou en train de travailler par reprises successives à une chanson, et ça m'a rendu joyeux ; il faut bien aimer ces spéculations sans fonds.
Comme on me dit souvent qu'on ne comprend rien à ce que je raconte : et j'y travaille, c'est un peu malhonnête mais je reconnais la part que j'ai dans cette obscurité de pacotille, je me suis dit que j'avais là quelque chose à vous dire sans faire semblant de dire autre chose. J'ai arrêté le logiciel musical à la fin de la chanson, je n'ai eu aucun apitoiement comme c'est l'usage dans mes pauses nocturnes en général, et je vous laisse avec ce sourire.
A bientôt !









